Ce que ce volet vous apporte
Chaque module comporte un volet « technique », suivi de l’étude de cinq plantes. Il s’appuie sur l’un des objectifs du cursus : choisir les plantes selon des critères de qualité et prodiguer des conseils dans le respect de la législation.
Pour vous mettre en route, voici la trame de base que nous donnons à tous les débutants. Vous pourrez la comparer à celle des leçons, et c’est un bon exercice : une méthode qui dit ses quantités, ses durées et ses précautions est une méthode qui tient.
Le choix de la partie de plante
Première erreur de débutant : parler d’une plante comme d’un bloc. Une plante médicinale s’emploie par une partie précise : feuille, fleur, sommité fleurie, racine, écorce, graine, bourgeon. La partie change tout, y compris les précautions. L’ortie le montre bien : la feuille et la racine n’ont pas les mêmes emplois traditionnels. Voilà pourquoi chaque fiche de votre herbier comporte une ligne « partie utilisée », et pourquoi nous la faisons écrire en premier.
La liste des 148 plantes libérées suit la même logique : elle indique pour chaque plante la partie qu’on peut vendre. Pour comprendre ce que cela implique, lisez l’article les 148 plantes libérées.

Infusion, décoction, macération : quatre gestes
On infuse les parties tendres (feuilles, fleurs), on prépare en décoction les parties dures (racines, écorces, graines), on laisse macérer à froid les plantes riches en mucilages, et l’on utilise l’huile ou l’alcool pour des préparations plus spécifiques. Le détail des durées est dans notre article sur les bases.
L’infusion se fait avec de l’eau qui vient de frémir, versée sur la plante, récipient couvert pour garder les parties volatiles, pendant quelques minutes seulement. La décoction demande de faire bouillir la plante dans l’eau, souvent un quart d’heure, parce que les parties dures ne cèdent rien à une eau simplement chaude. La macération à froid laisse la plante tremper plusieurs heures dans de l’eau à température ambiante. Quant aux macérats huileux et aux teintures, ce sont des préparations à solvant (huile, alcool) qui s’étalent sur plusieurs semaines.
Un détail trop rarement dit : le matériel. Évitez l’aluminium, qui réagit avec certaines plantes, et préférez le verre, la céramique ou l’inox. Une cuillère en bois qui a servi à la soupe à l’ail garde son odeur dans la tisane, et une théière qui sent le détergent fait fuir le meilleur des tilleuls.
Doser : la question qu’on pose le plus
« Combien de cuillères ? » est la première question des débutants, et la réponse commence toujours par : cela dépend de la plante, de la partie utilisée et de la personne. Les repères courants vont d’une cuillère à café à une cuillère à soupe de plante sèche pour une grande tasse, mais ils ne valent pas pour toutes les plantes : certaines, très actives, se manient en quantités bien moindres et sur des durées courtes. C’est exactement la raison pour laquelle chaque plante a sa fiche, avec ses précautions.
Sécher, étiqueter, ranger
Une plante mal séchée moisit, et une plante moisie ne se rattrape pas. On cueille par temps sec, une fois la rosée levée, on étale en fine couche ou on suspend en petits bouquets, à l’ombre, dans un endroit aéré et sans humidité. La chaleur directe détruit les parties volatiles : sous quarante degrés, c’est l’ordre de grandeur à retenir, et le soleil en plein jour est à proscrire.
Une fois sèche, la plante se range dans un bocal en verre opaque ou à l’abri de la lumière, hermétique, étiqueté. Sur l’étiquette : le nom courant, le nom latin, la partie, la date et le lieu de récolte. Cela paraît pédant, jusqu’au jour où l’on retrouve douze bocaux de feuilles vertes sans savoir lequel contient quoi. Les plantes sèches se gardent environ un an, rarement beaucoup plus : la couleur, l’odeur et l’aspect diront si elles sont encore bonnes.
- I
Cueillir sec
Matinée de beau temps, rosée levée, ciseaux propres, panier aéré plutôt que sac plastique.
- II
Trier
On ôte les feuilles abîmées, les insectes, les brins étrangers. Une plante douteuse ne se garde pas.
- III
Sécher à l’ombre
Bouquets suspendus ou claies, courant d’air, pas de soleil direct, pas de cave humide.
- IV
Conserver
Bocal propre et sec, à l’abri de la lumière, étiquette complète avec la date.
Le conseil de la formatrice
Lire qu’on couvre une infusion n’apprend rien ; le faire dix fois, avec dix plantes, en notant ce qui change, apprend beaucoup. N’attendez donc pas d’avoir fini le module pour essayer : préparez la plante au moment où vous la lisez, avec de l’eau de la bouilloire et une tasse.
À la fin de ce volet, vous saurez
- choisir la bonne préparation selon la partie de plante ;
- sécher, étiqueter et conserver vos plantes pour plus d’un hiver ;
- noter vos essais pour comparer une préparation à l’autre.
Questions fréquentes sur la technique
Faut-il du matériel particulier pour suivre le cursus ?
Non, pas pour commencer : une bouilloire, une passoire, des bocaux en verre et de quoi écrire suffisent. Une presse à herbier, qu’on peut fabriquer, s’ajoute pour le montage des planches.
Un séchoir ou un déshydrateur est confortable, sans être nécessaire.
Une même plante se prépare-t-elle toujours de la même façon ?
Non : la partie utilisée décide. La feuille d’une plante s’infuse, sa racine se prépare en décoction.
C’est pourquoi la ligne « partie utilisée » ouvre chaque fiche d’herbier.
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