D’où vient la règle ?
Le point de départ est un monopole, inscrit dans le Code de la santé publique à l’art. L4211-1 : il confie aux pharmaciens le commerce des plantes médicinales que recense la Pharmacopée, « sous réserve des dérogations établies par décret ». Le décret de 2008 est la principale de ces dérogations.
La Pharmacopée française recense les plantes médicinales en deux listes. La liste A regroupe les plantes utilisées traditionnellement ; la liste B, celles dont le rapport entre bénéfice et risque est jugé défavorable. Le décret de 2008 pioche dans la première pour dresser une liste de 148 plantes ou parties de plantes que tout commerçant peut vendre. Cette liste figure aujourd’hui dans le Code de la santé publique, à l’art. D4211-11, consultable gratuitement sur Légifrance.
Que veut dire « libérée » exactement ?
Qu’une personne non pharmacienne peut vendre la plante, dans la partie et sous la forme indiquées dans la liste. Une plante libérée en l’état ne l’est pas forcément sous forme d’extrait.
La liste ne dit pas « le tilleul est libre » : elle indique, pour chaque entrée, le nom français, le nom scientifique, la partie utilisée et la forme de préparation autorisée. Lisez donc la ligne entière, pas seulement le nom de la plante. Pensez aussi à vérifier ce que le texte permet en matière de mélanges : c’est la question que posent le plus souvent les futurs vendeurs de tisanes.
Un truc de comptoir : imprimez la liste et gardez-la sous la main. Le jour où un client vous demande une plante, vous saurez en dix secondes si vous pouvez la lui vendre.
| Colonne | À quoi elle sert |
|---|---|
| Nom français | ce que dit le client |
| Nom scientifique | ce qui identifie la plante |
| Partie utilisée | feuille, fleur, racine… |
| Forme autorisée | en l’état, poudre, extrait… |
Les quatre colonnes doivent correspondre à ce que vous vendez : une seule différence, et la vente redevient réservée au pharmacien.
Quelles plantes trouve-t-on dans la liste ?
Surtout des plantes d’usage alimentaire ou de tisane courante. Le tilleul, la verveine odorante ou la camomille romaine font partie des exemples les plus souvent cités, mais la seule référence fiable est le texte lui-même.
Nous ne recopions pas ici les 148 lignes : une liste recopiée vieillit mal. La source est sur Légifrance, en cherchant l’art. D4211-11 du Code de la santé publique, et c’est une bonne habitude à prendre dès maintenant pour tout ce qui touche à la réglementation des plantes.
Et les compléments alimentaires ?
C’est un autre régime juridique. Les compléments alimentaires à base de plantes relèvent du droit de l’alimentation, avec une liste de plantes autorisées propre, fixée par l’arrêté du 24 juin 2014 ; chaque produit doit en outre être déclaré à la DGCCRF avant d’arriver en rayon.
C’est pour cela que vous voyez en magasin des gélules de plantes qui ne figurent pas parmi les 148 : elles sont vendues comme aliments, pas comme plantes médicinales. Ce régime a ses propres règles, notamment sur les allégations, encadrées par le règlement européen (CE) n° 1924/2006. Revendre des compléments déjà déclarés par un fabricant est simple ; en fabriquer soi-même est un projet à part entière.
Bien présenter ce que vous vendez
Une phrase de conseil sera toujours votre meilleure vitrine : « Cette tisane de tilleul accompagne les soirées qui ralentissent » se dit, se lit et se vend. Les mots de santé, eux, appartiennent aux professionnels de santé. Gardez à l’esprit que « libre à la vente » ne veut pas dire « sans précaution » : une plante libérée peut avoir des contre-indications, notamment pendant la grossesse, et certaines interagissent avec des médicaments. Les repères sont dans plantes et médicaments.
Ce que la formation vous apporte sur ce point
Le cursus vous apprend à conseiller dans le respect de la législation en vigueur : un objectif central, travaillé avec les repères du métier de conseiller. Un conseil pour aller plus loin : lisez une fois, en entier, l’article L4211-1 et la liste de l’article D4211-11. Une heure de lecture, et vous serez plus au clair que la plupart des vendeurs de tisanes du marché.
