Quelle différence entre infusion et décoction ?
Dans une infusion, on verse de l’eau frémissante sur la plante et on laisse reposer à couvert. Dans une décoction, on met la plante dans l’eau et on la fait bouillir quelques minutes. La première convient aux parties tendres, la seconde aux parties dures.
Une fleur ou une feuille libère ses constituants rapidement ; la faire bouillir les abîmerait, et ferait s’envoler une partie de ses arômes. Une racine, une écorce ou une graine dure, au contraire, garde ses constituants enfermés dans des tissus épais : une simple infusion n’en tirerait presque rien.
Le couvercle de l’infusion n’est pas un détail. Pour les plantes aromatiques, menthe, mélisse ou thym, une partie de ce qui fait leur intérêt s’évapore avec la vapeur. Couvrez, et laissez la condensation retomber dans la tasse.
| Préparation | Le geste | Parties de plante | Exemple classique |
|---|---|---|---|
| Infusion | eau frémissante versée sur la plante, repos à couvert | fleurs, feuilles, sommités | tilleul, mélisse |
| Décoction | plante dans l’eau froide, portée à ébullition, quelques minutes de cuisson | racines, écorces, graines dures | racine de réglisse |
| Macération à froid | plante dans l’eau froide plusieurs heures, puis filtration | plantes riches en mucilages | racine de guimauve |
À quoi sert la macération à froid ?
À extraire des constituants que la chaleur dégrade ou qui se dissolvent mieux à froid, comme les mucilages de la racine de guimauve. On laisse tremper la plante dans l’eau froide plusieurs heures, puis on filtre.
C’est la préparation la plus oubliée, et pourtant la plus logique pour certaines plantes. Elle demande seulement d’anticiper : on la lance le soir pour le lendemain matin. Une macération se conserve peu ; préparez-la en petite quantité.
Et les préparations à l’alcool ou à l’huile ?
Ce sont d’autres familles : la teinture, macération dans un mélange d’eau et d’alcool, et le macérat huileux, macération dans une huile végétale pour un usage externe. Elles demandent une rigueur de laboratoire. Chaque module du cursus comporte un volet « technique » : c’est là que se trouvent les précisions, plante par plante, plus sûres qu’un article généraliste.
La gemmothérapie, qui travaille les bourgeons frais en macération, figure parmi les ouvertures du cursus : elle est présentée dans le volet sur les autres traditions.
Comment reconnaître une plante sèche de bonne qualité ?
À sa couleur, à son odeur et à son aspect. Une plante bien séchée et bien conservée garde une teinte proche de la plante fraîche, sent encore quelque chose quand on la froisse, et ne contient ni poussière ni débris étrangers.
Une feuille de menthe grise et sans parfum, une fleur de tilleul brunie, un sachet où la poudre domine : ce sont des plantes trop vieilles ou mal stockées, qu’on retrouve souvent dans les sachets bon marché. Le cursus fixe d’ailleurs parmi ses objectifs de savoir choisir les plantes selon leur origine, leur provenance et leur mode de culture : voyez le volet qualité et origine.
Chez vous, gardez vos plantes dans des bocaux opaques ou dans un placard, loin de la chaleur de la cuisinière, et notez sur chaque bocal la date d’achat ou de récolte. Quand une plante a perdu sa couleur et son odeur, remplacez-la plutôt que d’en mettre deux fois plus.
Quatre maladresses de débutant
La plus fréquente : faire infuser une racine. La deuxième : laisser infuser trop longtemps des plantes riches en tanins, qui deviennent amères au point d’être imbuvables. Une autre, plus discrète : préparer un litre d’avance et le garder trois jours au réfrigérateur, alors qu’une infusion se boit dans la journée. La dernière : croire qu’une tisane « naturelle » se boit sans limite. Une plante a des précautions d’emploi, quelle que soit la façon de la préparer, et certaines interagissent avec des médicaments ; les repères sont dans plantes et médicaments.
Pour les dosages précis et les temps de préparation de chaque plante, le cours est la référence : ils varient d’une plante à l’autre, et une règle générale serait fausse dans la moitié des cas.
