Faut-il un diplôme pour se dire phytothérapeute ?
Non. L’appellation est libre, et c’est une chance : votre parcours, votre herbier et vos références comptent plus qu’un intitulé. Le cursus vous apporte une qualification claire, un certificat à présenter et des connaissances solides.
On confond souvent le titre et le droit d’exercer. Un médecin qui suit un diplôme universitaire de phytothérapie peut prescrire des plantes parce qu’il est médecin ; un pharmacien peut délivrer toute la Pharmacopée parce qu’il est pharmacien. Vous, vous aurez votre propre terrain : le conseil de bien-être en plantes, vaste et très demandé.
Deux siècles d’histoire
D’herboriste à conseiller : la frise
- 1803
La loi du 21 germinal an XI organise la pharmacie et crée un certificat d’herboriste, délivré après examen.
- 1941
La loi du 11 septembre 1941 supprime ce diplôme. Les titulaires gardent le droit d’exercer jusqu’à la fin de leur activité ; personne ne peut plus l’obtenir.
- 2008
Le décret n° 2008-841 du 22 août 2008 fixe la liste des 148 plantes médicinales vendables hors pharmacie, reprise à l’article D4211-11 du Code de la santé publique.
- 2018
Une mission d’information du Sénat consacrée à l’herboristerie publie son rapport et ses recommandations.
- Aujourd’hui
Un conseil en plantes ouvert à tous, une liste de plantes libérées à la vente, et un secteur qui cherche des personnes formées.
Votre terrain : le conseil de bien-être en plantes
Votre terrain, c’est l’information, l’accompagnement des habitudes de vie, les ateliers, les sorties botaniques et la vente des 148 plantes libérées. Ses deux frontières sont nettes : le diagnostic et la prescription appartiennent au médecin, la vente des autres plantes de la Pharmacopée appartient au pharmacien.
Ces frontières reposent sur trois textes. Selon le Code de la santé publique (art. L4211-1), les plantes médicinales de la Pharmacopée se vendent en officine, hors la liste des 148. L’article L4161-1 réserve aux médecins le diagnostic et la prise en charge des maladies. Quant aux allégations de santé, le règlement européen (CE) n° 1924/2006 les encadre, et la DGCCRF y veille.
Concrètement, vos phrases se formulent en habitudes de vie : « Cette plante est traditionnellement utilisée en infusion pour se détendre le soir » est une phrase de conseiller ; « Cette tisane traite votre insomnie » n’en est pas une. Prenez l’habitude de relire chaque phrase comme si elle pouvait figurer sur l’ordonnance d’un médecin : si oui, reformulez-la.
| Activité | Conseiller en phytothérapie | Pharmacien | Médecin |
|---|---|---|---|
| Conseiller une tisane de bien-être | oui | oui | oui |
| Vendre une plante de la liste des 148 | oui, sous la forme prévue | oui | non |
| Vendre une autre plante de la Pharmacopée | non | oui | non |
| Poser un diagnostic, prescrire | non | non | oui |
| Animer un atelier ou une sortie botanique | oui | oui | oui |
Quel statut et quel code APE choisir ?
La plupart des conseillers en plantes démarrent en micro-entreprise. Le conseil relève d’une activité libérale, la vente de plantes d’une activité commerciale, et les deux peuvent coexister si vous les déclarez.
Le code APE ne se choisit pas : c’est l’INSEE qui le fixe, à partir de la description d’activité remplie lors de l’immatriculation. Pour les métiers du bien-être, on rencontre le plus souvent le 9604Z (entretien corporel), le 9609Z (autres services personnels) ou le 8690F (autres activités de santé humaine, quand le descriptif emprunte le vocabulaire du soin). Si le code reçu ne correspond pas à votre activité réelle, vous pouvez demander sa modification.
Notre recommandation : décrivez votre activité avec des mots de conseil et de bien-être. Ce que vous écrivez à l’immatriculation, vous l’écrirez ensuite sur vos cartes de visite.
Souscrivez aussi une assurance de responsabilité civile professionnelle : aucune loi ne l’impose à toutes les activités de conseil, mais elle protège votre jeune activité et rassure vos clients. Pour les cotisations et le régime fiscal, le simulateur officiel de l’URSSAF donne des chiffres à jour chaque année.
Où exercer, et pour qui
Un conseiller en plantes exerce en cabinet partagé, à domicile, en ligne, en magasin bio ou sur les marchés, souvent en combinant plusieurs lieux. La clientèle vient d’abord du bouche-à-oreille et des ateliers.
Le cursus s’adresse à quatre publics : les parents, les coachs en accompagnement individuel, les naturopathes et conseillers en aromathérapie ou en fleurs de Bach, et les professionnels du secteur médical. Pour une installation, pensez à un cinquième lieu qu’on oublie : les jardins partagés, les associations de randonnée, les médiathèques, qui cherchent des intervenants pour des ateliers de reconnaissance des plantes. Ce n’est pas là qu’on gagne sa vie, mais c’est là qu’on se fait connaître.
Votre atout face à la concurrence : le temps que vous accordez à chaque personne, et votre connaissance de la plante sur pied. C’est ce que construisent l’herbier et le terrain.
Quel tarif pour une séance de conseil ?
Le tarif juste se déduit des prix de votre région et de vos propres charges. Le cursus ne fixe aucun prix de consultation : vous le déterminez, en connaissance de votre territoire.
Relevez les tarifs affichés par cinq praticiens de bien-être de votre secteur, naturopathes et sophrologues compris. Calculez ensuite le nombre de consultations que vous pouvez tenir par semaine en comptant préparation et suivi, retirez vos cotisations, votre assurance et vos frais de local. Le prix qui sort de ce calcul est souvent plus élevé qu’on ne l’imaginait, et c’est une bonne nouvelle. La méthode complète est dans combien gagne un phytothérapeute.
Le premier réflexe du conseiller : demander
Avant tout conseil, interrogez la personne sur ses traitements en cours ; si elle en suit un, la suite de l’échange se fait avec son pharmacien ou son médecin. Ce réflexe fait la différence entre un conseiller sérieux et un vendeur de sachets.
Une plante peut renforcer ou affaiblir l’effet d’un médicament : le millepertuis est l’exemple le mieux documenté, le ginkgo, la réglisse ou les laxatifs végétaux en sont d’autres. La grossesse et l’allaitement appellent eux aussi des précautions avec de nombreuses plantes. Tout cela fait partie du cursus, plante après plante, et l’article plantes et médicaments : les interactions à connaître en donne les repères.
Lien partenaire : le centre de formation reverse au site une part de chaque inscription, prélevée sur sa marge et non sur votre paiement.
Questions sur le métier
Peut-on vivre du conseil en phytothérapie ?
Certains y parviennent, en combinant consultations, ateliers et vente de plantes libérées. Il n’existe pas de statistique officielle, et la montée en charge est progressive : beaucoup démarrent en complément d’une autre activité.
Faut-il être naturopathe pour conseiller des plantes ?
Non. La naturopathie n’est pas plus réglementée que la phytothérapie. Beaucoup de naturopathes ajoutent les plantes à leur pratique, mais ce n’est pas un préalable.
Puis-je utiliser le mot « herboriste » ?
Le diplôme d’herboriste n’est plus délivré depuis 1941 : mieux vaut vous présenter comme conseiller en plantes médicinales, intitulé qui dit exactement ce que vous faites. Pour une enseigne ou une boutique, demandez l’avis d’un juriste avant d’imprimer.
