Que doit-on trouver sur une étiquette sérieuse ?
Le nom courant et le nom scientifique de la plante, la partie utilisée, l’origine, le mode de culture, le numéro de lot, une date limite d’utilisation et les coordonnées du fournisseur. Chaque absence est une raison d’interroger le vendeur.
La liste paraît longue ; elle résume pourtant ce qu’un acheteur averti demande à chaque fois. Prenons-les dans l’ordre où on les lit, sans se soucier de la mise en page.
Le nom scientifique, sans lequel rien n’est vérifiable
« Thym », « tilleul » et « camomille » désignent chacun plusieurs espèces. Le tilleul à grandes feuilles (Tilia platyphyllos) et le tilleul à petites feuilles (Tilia cordata) se vendent sous le même nom courant, et la camomille matricaire (Matricaria chamomilla) n’est pas la camomille romaine (Chamaemelum nobile). Le nom latin, avec le genre et l’espèce, lève l’ambiguïté.
La partie de la plante
Feuille, fleur, sommité fleurie, racine, écorce : la mention est indispensable, parce que la même plante peut offrir des parties très différentes. Une étiquette qui dit « ortie » sans préciser « feuille » ou « racine » laisse l’essentiel dans l’ombre.
L’origine
Un pays, parfois une région, vaut mieux que « Union européenne » ou « hors UE ». Cette mention dit où la plante a été produite, ce qui conditionne les contrôles. Un fournisseur qui peut répondre à la question « d’où vient ce lot ? » a suivi sa filière.
Le mode de culture
Cherchez la mention « agriculture biologique » et le logo européen, accompagnés d’un numéro d’organisme certificateur du type « FR-BIO-01 ». Sans ce numéro, une mention « bio » écrite à la main n’a pas de valeur. La mention « cueillette sauvage » existe aussi : elle convient à beaucoup de plantes, à condition d’être justifiée par la nature de la plante et le respect de la ressource.
Le lot et la date
Le numéro de lot permet de retrouver la récolte en cas de problème ; la date limite d’utilisation, ou une année de récolte, évite d’acheter des plantes qui ont passé trois hivers dans un entrepôt. Les plantes séchées se conservent à peu près un an, rarement beaucoup plus : au-delà, couleur et odeur se délavent.
Le statut du produit
Une tisane, un complément alimentaire et un médicament à base de plantes sont trois choses différentes. Le premier est une denrée, le deuxième doit respecter la liste de plantes de l’arrêté du 24 juin 2014, le troisième est un médicament avec une autorisation ou un enregistrement, délivré en pharmacie. Une étiquette qui suggère un effet thérapeutique sur un produit vendu comme tisane est un signal d’alerte à elle seule.
Le conditionnement
Un sachet opaque, hermétique, qui protège de la lumière et de l’humidité est un bon signe. Un sac transparent exposé à la vitrine, en plein soleil, perd sa couleur et ses arômes en quelques semaines. Pour le vrac, demandez comment le fournisseur stocke : bocaux, fûts, sachets doublés ?
Les coordonnées du fournisseur
Un nom, une adresse, un moyen de contact. Le contrôle des produits alimentaires est assuré notamment par la DGCCRF, à laquelle on peut signaler un produit douteux.
Quand l’étiquette est muette
Si plusieurs lignes manquent, deux issues : poser la question au vendeur, ou changer de fournisseur. Un bon vendeur répond sans gêne, souvent avec plaisir, parce que c’est le signe qu’on lui accorde une compétence.
Ce que la formation vous en apprend
L’un des objectifs du cursus est de choisir les plantes selon des critères de qualité, en citant l’origine, la provenance et l’agriculture biologique ou biodynamique : voyez le volet qualité et origine. Pour la vente, le cadre des 148 plantes libérées ; pour reconnaître vous-même la plante avant de l’acheter, le volet sur l’herbier. Quand vous suivez un traitement, demandez conseil à votre pharmacien : les interactions se jouent sur la plante, pas sur le prix du sachet.
