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Monter mon herbier
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Volet 4 sur 8 · l’étude des plantes

Cinq plantes par module, un herbier de cinquante

Après l’histoire, la culture, la technique et la science, chaque module étudie cinq plantes médicinales. Dix modules, cinquante plantes, et un herbier qui en garde la trace : c’est le cœur du cursus et sa signature. Voici comment se lit une fiche et comment se monte l’herbier.

Ce que ce volet vous apporte

Chaque module étudie cinq plantes médicinales, soit cinquante plantes au terme du cursus, et vous constituez un herbier de cinquante plantes, auquel vous pouvez ajouter autant d’espèces que vous le voudrez.

Les cinq fiches de la page d’accueil donnent un avant-goût du niveau de détail visé : elles illustrent la méthode, sans reprendre le contenu des modules. Voici la trame que nous recommandons pour lire, et pour écrire, vos propres fiches.

La fiche type, ligne par ligne

Quand on lit la fiche d’une plante, on cherche toujours les mêmes informations. Le nom courant d’abord, puis le nom scientifique complet, avec son auteur : « Tilia platyphyllos Scop. » ne désigne pas la même espèce que « Tilia cordata Mill. », bien que les deux se vendent sous le nom de tilleul. La famille botanique vient ensuite, parce qu’elle indique des parentés utiles : toutes les Lamiacées ont une tige carrée, toutes les Apiacées des ombelles.

La partie utilisée suit, puis le milieu de vie et la période de récolte, les caractères qui permettent de reconnaître la plante sans se tromper, les principes actifs principaux, les précautions et les contre-indications. Ajoutez en dernier ce que nous appelons la ligne d’erreur : la plante avec laquelle on la confond le plus souvent. Quand on sait avec quoi une plante se confond, on a déjà appris la moitié de son identification.

Ce qu’une bonne fiche contient
RubriqueCe qu’on y cherche
Nom scientifiquegenre, espèce, auteur ; sans ce trio, la fiche est ambiguë
Famillele groupe botanique, qui annonce des traits communs
Partie utiliséefeuille, fleur, racine… la même plante, des emplois et des précautions différents
Reconnaissancetrois caractères visibles à l’œil nu, dont un qui évite la confusion principale
Récoltepériode, état de la plante, milieu, espèces protégées à éviter
Précautionsgrossesse, allaitement, interactions, toxicité de la plante ou de ses sosies
Fleurs et herbes pressées sur une page de livre, ciseaux à côté
Pressées sur une page, les plantes se laissent regarder de près.

Apprendre à reconnaître : le plus beau complément du cours

Aucun support PDF ne remplace une plante vue sur pied. La photographie aplatit les volumes, gomme les poils, ne rend pas l’odeur. Le cursus s’appuie sur vos propres cueillettes pour combler cet écart, et vous pouvez le prolonger par une sortie avec une association de botanique, un jardin botanique municipal, ou les ressources du réseau Tela Botanica, qui fédère des botanistes amateurs et professionnels.

Côté ouvrages, quelques flores classiques valent la peine d’être possédées en version papier. La Flore complète portative de la France, de la Suisse et de la Belgique de Gaston Bonnier est un grand classique, Les quatre flores de France de Paul Fournier, un autre. Des applications d’identification à partir de photos, comme Pl@ntNet, donnent un bon premier indice avant de recouper avec une flore.

Retenez la règle qui protège : on ne goûte ni ne conseille jamais une plante qu’on n’a pas identifiée avec certitude, avec au moins deux critères concordants.

Monter l’herbier, étape par étape

Notre article monter son herbier de plantes médicinales détaille la méthode. En résumé : on cueille un échantillon représentatif avec ses feuilles, sa tige et, si possible, ses fleurs ou ses fruits. On le presse entre des feuilles de papier journal, sous poids, pendant une à deux semaines selon l’épaisseur. On fixe ensuite la plante sur un papier épais avec des bandelettes de papier gommé, et on étiquette : nom, famille, partie utilisée, lieu, date, nom du récoltant.

Les trois erreurs qui reviennent chaque saison : oublier de noter le lieu le jour même, presser trop épais (la plante pourrit au lieu de sécher), et ranger les planches dans un endroit humide. Un herbier bien monté se garde des décennies.

  1. I

    Identifier

    Deux critères concordants au minimum, avec une flore et, si possible, une personne expérimentée.

  2. II

    Cueillir

    Un seul échantillon, jamais la seule plante du coin, jamais une espèce protégée.

  3. III

    Presser et sécher

    Papier journal, carton, poids, et un changement de papier au bout de quelques jours.

  4. IV

    Monter et étiqueter

    Papier épais, bandelettes gommées, étiquette complète avec nom latin et date.

Le conseil de la formatrice

L’herbier est le choix pédagogique qui change tout : il oblige à regarder, et le regard est ce qui manque le plus à qui n’aurait lu que des fiches. Cinq plantes par module, c’est un bon rythme : assez pour progresser, assez peu pour garder du temps pour la cueillette.

Une plante se cueille quand elle fleurit, et les floraisons ne se règlent pas sur votre calendrier d’étude. Si vous commencez en octobre, vous attendrez le printemps pour une bonne partie des planches : voyez-y le plaisir d’un herbier qui se fait en deux ou trois saisons.

Pour les plantes absentes de votre région à la saison où vous les étudiez, ne forcez rien : laissez une planche vide avec son étiquette, et complétez-la l’année suivante.

À la fin de ce volet, vous saurez

  • rédiger la fiche complète d’une plante, du nom latin aux précautions ;
  • identifier une plante avec deux critères concordants ;
  • monter, étiqueter et classer vos planches d’herbier.

Questions fréquentes sur l’herbier

L’herbier est-il obligatoire pour obtenir le certificat ?

Les conditions de délivrance sont le suivi de la formation, la réalisation des tests prévus et 80 % de bonnes réponses à l’examen. L’herbier est l’un des objectifs du cursus, et le meilleur moyen de préparer l’examen.

L’épreuve finale est un QCM : l’herbier vous y prépare en fixant la mémoire.

Peut-on faire l’herbier en photos ?

Oui pour compléter, non pour remplacer : un herbier se fait avec des plantes séchées, car c’est en les pressant qu’on les observe de près.

Prenez toutefois des photos sur pied avant la cueillette, elles gardent la couleur et le port de la plante.

Peut-on cueillir n’importe où ?

Non. Certaines espèces sont protégées, certains espaces interdisent la cueillette, et les terrains privés demandent l’accord du propriétaire.

Les règles sont détaillées dans l’article sur la cueillette de plantes sauvages.

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