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Monter mon herbier
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Pratique

Monter son herbier de plantes médicinales, planche après planche

Le cursus vous fait constituer un herbier de cinquante plantes : c’est la meilleure façon de ne jamais les oublier. Encore faut-il le monter correctement, car une planche bien séchée se garde des décennies, et une étiquette complète vous sert encore dans dix ans. Voici la méthode, sans matériel coûteux.

Texte d’Odile Ravel, formatrice · publié le · lecture : environ 4 minutes.

Pourquoi un herbier plutôt que des photos ?

Parce qu’il oblige à identifier, à manipuler et à observer la plante entière, et qu’il se consulte en volume, sans écran. Une photo montre une plante ; une planche d’herbier vous rappelle comment vous l’avez trouvée.

Prenez des photos aussi, bien sûr, sur pied, avant la cueillette. Elles complètent l’herbier pour ce que le séchage efface : la couleur exacte des fleurs, le port de la plante, le milieu où elle pousse. Mais c’est en pressant une feuille qu’on remarque ses poils, ses glandes ou la forme de sa base.

Quel matériel faut-il ?

Presque rien : du papier journal, des cartons, deux planches et des sangles pour presser, du papier épais pour les planches définitives, des bandes de papier gommé et de quoi écrire les étiquettes.

Une presse du commerce est confortable, mais deux planches de contreplaqué serrées par des sangles font aussi bien. Le papier journal absorbe l’humidité ; le carton, glissé tous les deux ou trois spécimens, aide l’air à circuler. Évitez les papiers glacés, qui retiennent l’eau.

  1. I

    Cueillir

    Un échantillon représentatif : feuilles, tige, et si possible fleurs ou fruits, qui servent à l’identification. Jamais une espèce protégée, jamais sur un terrain privé sans accord, jamais le seul pied du coin. Notez le lieu, la date et le milieu sur un carnet.

  2. II

    Presser

    Le jour même, à plat dans une feuille de journal pliée, en disposant les feuilles pour montrer l’endroit et l’envers. Les fleurs épaisses se coupent en deux dans la longueur.

  3. III

    Sécher

    Changez le journal tous les jours la première semaine, puis plus espacé. Un séchage rapide garde les couleurs ; un séchage lent les brunit. Comptez une à trois semaines selon l’épaisseur.

  4. IV

    Monter

    Sur papier épais, maintenu par de fines bandes de papier gommé plutôt que par de la colle, pour pouvoir retirer la plante plus tard. Laissez de la place pour l’étiquette en bas à droite.

  5. V

    Étiqueter

    Nom scientifique, famille, nom commun, lieu, date, milieu, nom de la personne qui a récolté et de celle qui a identifié. Pour un herbier médicinal, ajoutez la partie utilisée et une ligne de précaution.

Que mettre sur l’étiquette d’une plante médicinale ?

Les mentions botaniques classiques, nom scientifique, famille, lieu, date, récolteur, puis deux lignes propres à l’usage médicinal : la partie de la plante utilisée et la principale précaution d’emploi.

Ces deux lignes changent tout. Le jour où vous reprenez votre herbier pour préparer un conseil, vous voyez d’un coup d’œil que c’est la sommité fleurie qui compte, et que la plante appelle une précaution avec tel type de traitement. Votre herbier devient un outil de travail, pas un album de souvenirs.

Écrivez le nom scientifique en entier, avec l’abréviation de l’auteur quand vous la connaissez : Melissa officinalis L., Tilia platyphyllos Scop. Les noms communs varient d’une région à l’autre ; le nom latin, lui, est le même partout.

Herbier médicinal · n° 12 Melissa officinalis L.
Famille
Lamiaceae
Nom commun
mélisse
Lieu, milieu
à compléter, ex. bord de haie
Date
jour de la récolte
Récolte, identification
vos initiales
Partie utilisée
feuille
Précaution
à compléter avec votre cours
Un modèle d’étiquette : les deux dernières lignes font d’un herbier botanique un herbier de travail.

Comment conserver l’herbier dans le temps ?

Au sec, à l’abri de la lumière et des insectes. Les herbiers scientifiques passent les planches au congélateur quelques jours pour éliminer les insectes avant de les ranger ; vous pouvez faire de même avant le classement.

Rangez les planches à plat, dans des chemises, par famille botanique plutôt que par ordre alphabétique : vous verrez mieux ce qui rapproche les Lamiacées entre elles, ou les Astéracées. Une boîte d’archives en carton fait parfaitement l’affaire. Évitez la cave et le grenier.

Pensez enfin à numériser vos planches, une fois montées : un scanner à plat ou une photo bien éclairée suffisent. C’est votre sauvegarde, et c’est ce que vous pouvez partager sur le forum du cursus pour faire vérifier une identification.

Cinquante plantes, au rythme des saisons

Dans le cursus, l’herbier avance de cinq plantes par module. Dans la vraie vie, il avance au rythme des floraisons. Ne vous forcez pas à suivre l’ordre des modules : cueillez ce qui fleurit, et remplissez les cases au fil de l’année. Si vous commencez en hiver, travaillez la théorie et gardez l’herbier pour le printemps ; vous ne perdez rien.

Et une fois les cinquante planches faites, continuez : l’herbier a vocation à s’agrandir, d’autant de plantes que vous le voudrez. Les exercices de l’aperçu de la formation en donnent un avant-goût, et le volet consacré à l’étude des plantes détaille la fiche type.

Le programme et l’herbier du cursus · apprendre à distance, et le terrain

87,60 €ou 3 × 29,20 €

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